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Tout a vraiment commencé un lundi matin
En fait, ces fameuses interférences qui brouillaient l'émission du dimanche soir n'étaient rien d'autre que les tests du nouvel émetteur de la place Meiser. Impossible en effet de réaliser ces tests à un autre moment sans inévitablement attirer l'attention de la direction de Radio Iris et anéantir l'effet de surprise souhaité. La grande idée (qui s'avéra finalement être une fausse bonne idée) consistait donc à commencer une nouvelle radio en s'installant carrément sur la fréquence de l'ancienne, même si tout laissait à penser que Radio Iris continuerait ses émissions, malgré des effectifs sérieusement réduits.

C'est ainsi que le lendemain, lundi 7 juillet 1980 à 6 heures 45 du matin, les émissions de Radio Iris sur 100.2 Mhz sont de nouveau couvertes par l'émetteur plus puissant de Station Indépendante Satellite qui se rallume pour de bon cette fois. Et c'est Stéphane Shaw qui, les mâchoires serrées par le stress du moment, ouvre l'antenne pour la première fois (à écouter dans la rubrique Extraits d'antenne) avec un indicatif qui deviendra légendaire.

Malgré un Bruxelles déserté par les vacanciers, juillet et août verront solidement s'installer la notoriété de cette nouvelle radio (entre-temps décalée sur 100.30 puis 100.35) qui ne fait pas que des heureux. Qu'il s'agisse de la direction de Radio Iris qui déploiera un lobbying politique acharné, d'une radio concurrente -mais néanmoins amie comme on dit- qui ne trouvera rien de plus habile que de réemettre les émissions de SIS au-delà de 108 Mhz (au beau milieu des fréquences de la tour de contrôle de l'aéroport de Zaventem et du Shape) ou plus simplement des habitants de l'immeuble qui porteront plainte pour tapage nocturne, les premiers jours de septembre vont sonner le glas de cette première tentative de SIS.

Le 3 septembre vers 16 heures, des combis, deux camions auto-pompes, une trentaine de gendarmes et agents de la BSR bloquent l'avenue Plasky et débarquent en studio avec la RTT et l'incontournable et regretté Agent Sauvenière, figure emblématique de la Justice vs les radios. L'animateur néerlandophone (à l'époque, le bilinguisme se pratiquait en FM avant que le législateur ne l'interdise) et les gens présents en studio seront emmenés "pour interrogatoire" et, de l'émetteur aux platines en passant par la machine à café, tout sera saisi, sauf l'affreux tapis couleur gazon.

Certes, une radio concurrente néanmoins amie -la même que plus haut- viendra à l'aide en prêtant un émetteur de faible puissance, mais ce côté provisoire est incompatible avec l'ambition de l'équipe. Cet émetteur est restitué après quelques jours et, pratiquement morte née, Station Indépendante Satellite disparaît donc des ondes en pleine ascension, ce silence durera deux mois.