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Tout a recommencé dans une boîte de nuit
Pendant que certains se frottent les mains, persuadés d'être définitivement débarrassés du problème SIS, les animateurs s'organisent. Mais l'implacable réalité est là: des centaines de milliers de francs manquent pour se rééquiper, retour à la case départ. Des soirées dansantes destinées à récolter les fonds sont organisées mais sans le luxe de pouvoir les annoncer sur antenne, cela se fera donc "à l'ancienne": avec des tracts et des affiches. C'est ainsi que, durant les mois de septembre et octobre 1980, malgré que SIS soit absente de la bande FM, les soirées organisées dans les boîtes de nuit habituelles ne désemplissent pas. Une nouvelle fois, c'est une rencontre qui viendra à point nommé. Michel Solujik, alors patron du Circus (la boîte de nuit huppée qui se trouvait à proximité de Fort Jaco) et un ami, Serge Borenstein, sont séduits par l'idée et décident d'investir dans la radio en y apportant les fonds nécessaires au redémarrage.

La première décision consiste à renoncer aux studios de la place Meiser, la cohabitation avec les résidents y étant devenue impossible. Anecdote authentique, le plus malheureux de l'immeuble était un certain monsieur Sas qui passait le plus clair de son temps à décrocher le parlophone pour éconduire les visiteurs distraits incapables de faire la différence entre un "i" et un "a"!
Les nouveaux studios seront donc installés avenue Legrand, à proximité de la Bascule. L'antenne qui, dans un premier temps, était inefficacement posée sur le toit de l'immeuble (et qui sera même la cible de tirs à la carabine commis par des membres de radios d'extrême-gauche), déménagera quelques semaines plus tard vers le toit du Shopping Rivoli-Bascule d'où le rayonnement de 1.000 watts couvrira plus confortablement tout Bruxelles. C'est donc en novembre 1980 que Station Indépendante Satellite est de retour on air, cette fois sur 101.55 Mhz.

Parallèlement à son existence hertzienne et dans la vie quotidienne des bruxellois, Station Indépendante Satellite, qui s'est toujours revendiquée haut, fort et sans rougir être une "radio commerciale de divertissement" (à l'inverse des radios défendues par l'Association pour la Libéralisation des Ondes qui, comme son nom ne l'indique pas, ne prônait qu'une FM de radios de proximité, à contenu culturel, de défense des minorités écrasées et tout le chapelet habituel) décide de créer son propre mouvement de pression.
C'est ainsi qu'avec Radio Contact, Radio Capitale et Radio Judaïca est né le GRIB, Groupement des Radios Indépendantes de Belgique, auquel se rallieront rapidement Radio Ixelles et Radio Kiss.
C'est ce GRIB qui lancera en 1981, une pétition réclamant la fin du monopole de la RTBf "Continuez à payer pour une radio que vous n'écoutez pas ou écoutez une radio qui ne vous coûtera jamais rien", tout était dit.
Cette pétition, qui recueillera plus de 400.000 signatures, du jamais vu en Belgique, convaincra enfin les pouvoirs publics d'entamer un pénible travail législatif afin de mettre de l'ordre dans la FM. A ce jour, la énième version du plan de fréquence ne fait toujours pas l'unanimité des acteurs en place.

C'est par manque de place que moins d'un an plus tard, nous sommes début 1982, la décision est prise d'une nouvelle fois déménager. Cette fois, les studios sont installés "définitivement" à l'entresol de la Tour Saifi, au coin de la rue Vilain XIIII et de l'avenue Louise. Outre de nouveaux et vastes studios dont les voisins (des parkings) ne risquent pas de souffrir du bruit, l'antenne est placée idéalement au sommet de cette tour de 26 étages. Le confort d'écoute et la propagation sont tels qu'il arrive même que des auditeurs captent et appellent du nord de la France ou du sud des Pays-Bas!